28 février 2007
La prisonnière
Les jurés avaient
donné leur sentence
Demain elle serait
en robe blanche
Pour rejoindre,
livide, le bourreau
Et mourir sous la
hache et les bravos
Une si jolie
fille, c’était vraiment gâché
Il lui a proposé
gentiment une cigarette
Elle a préféré lui
proposer une levrette
Il lui a retiré
alors ses fers
Elle s’est mis à
quatre pattes par terre
Il a ôté sa veste
et son pantalon
Puis l’a prise
avec passion
La belle s’est
mise alors à pleurer
A gémir tandis
qu’il la saisissait
Sur le coup,
l’homme a tout stoppé
Craignant alors de
l’avoir blessé
Il l’a prise dans
ses bras en douceur
Lui disant des mots
pour calmer sa peur
La belle l’a à son
tour réconforté
En le caressant et
lui donnant un baiser
Qui n’avait rien à
voir avec sa lame
Mais parce que
pour elle le mot jouir
Voulait dire aussi
tout simplement « vivre »
L’homme lui confia
son trousseau de clé
Puis lui demanda
de l’attacher
La belle n’eut
plus qu’à se sauver…
Qui des deux s’est
alors fait baiser ?
26 février 2007
Pater Noster
Notre père qui
êtes aux cieux
Restez-y par tous
les dieux
Et laissez moi me
consumer
Dans cette vie
soit-disant de débauchée
On m’appelle la
fille facile
Ou la femme
volatile
Pas de ma faute si
j’attire le viril
Ave Pater, ainsi
soit-il
Il me suffit d’un
jeu de sourcil
Ou de montrer le
creux du nombril
Pour qu’aussitôt
je vois leurs profils
Reconnaissez que
c’est puéril !
Je suis SENSuelle,
pas à moitié
J’aime faire
l’amour, me faire baiser
J’adore sucer,
être pénétrée
Je n’ai rien fait,
je vous jure, croyez moi
Si ce n’est, de ne
pas nier
Que j’aime la
pine, oui ça c’est vrai !
C’est tabou, pas
bien, je vois…
Désolée, je ne
serais pas langue de bois
Vive le sexe, Ave
Maria !
M’accusez de
sorcellerie
Mais je vous
soupçonne de vous masturber
Ou tout simplement
me jalouser
« Tu aimeras
ton prochain comme toi même »
« Ne jugeras
pas » quelles ritournelles !
retournez donc à
votre confession
et laissez moi vivre mes passions
23 février 2007
Délectation
Lentement il y a ta main
Qui doucement me retient
Glisse sur mes deux seins
Et contourne mes reins
Je me cambre peu à peu
Je suis la règle de ton jeu
Tu sais me mettre en feu
Mais aussi dresser ta queue
Tu passes bien trop vite
Devant mon mouillé pubis
Tu t’attardes sur mes cuisses
Gainés dans des bas lisses
Ta bouche commence à suivre
Le chemin de tes doigts
Ton nez lui aussi s’immisce
Dans cette quête de délice
Je sens battre en rythme
Mon cœur et mon clitoris
Tu titille le bouton magique
Qui de nous a le plaisir ?
Je ne cherche pas à savoir
Je suis déjà dans le noir
De l’abandon, de l’exutoire
Comme tu sais si bien me boire
A mon tour d’aller chercher
La source de ton nectar salé
Car je compte bien te vider
Et par ma langue m’imposer
Oui tu veux t’introduire
Dans mes nombreux orifices
Voir gicler sur ma poitrine
Mais c’est moi qui te ferais jouir !
21 février 2007
Le Peintre
Il a commencé à
nettoyer ses pinceaux
Car il voulait
faire quelque chose de beau
Puis a installé un
grand tableau
Sur son chevalet,
devant son escabeau
Il voulait essayer
de concrétiser
Cette dame qui
l’avait envoûtée
En venant la nuit
dernière habiter
Son lit, ses rêves
et ses pensées
Il eut du mal à
dessiner sa poitrine
Pas habitué à des
seins si sublimes
Mais il gardait un
souvenir de ses rondeurs
Sur ces traits là,
il n’avait pas peur
Il se souvenait
excité de sa croupe
Mais aussi du
pulpeux de sa bouche
De ses yeux
envoûtants et verts
Qui l’avait plongé
en enfer
Il a passé deux
jours et une nuit
A tenté de la
reproduire
Et quand la touche
finale fut posée
La toile s’est
alors animée
La peinture à la
pose féline
Est devenue
souriante, féminine
Et quand elle put
enfin se libérer
Le peintre, lui,
dans la toile, fut prisonnier
La belle s’est
mise à se masser
Endolorie par la
pose imposée
Puis dans l’âtre
fumant a jeté
Le tableau
contenant celui qui l’avait crée
Les flammes se
sont mises à crépiter
Elle n’entendait
pas le peintre hurler
Lascivement, vers
le lit, elle s’est dirigée
Pour savourer un
sommeil bien mérité
Si la fin vous a
un peu désabusé
Laissez-moi donc
vous expliquer
Si son amour est
plus fort que le feu
Le peintre
renaîtra des cendres peu à peu
19 février 2007
Premier baiser
L’autre jour il faisait lourd et étouffant
Me rappelant un souvenir adolescent
Où j’ai reçu mon premier baiser
C’était… on va dire… il y a quelques années
Je m’étais promis un jour de l’écrire
L’autre ne pourrait me l’interdire
La prescription est depuis longtemps expirée
Et puis, à part ce baiser, il ne s’est rien
passé
Nous nous étions donné rendez-vous
Au « théâtre », c’était la fin août
Et nous avions déambulé « Place d’Erlon »
Partageant sourires, clin d’œil et allusions
Il m’a acheté un 45 tours à la mode
« Plus près des étoiles » du Groupe « Gold »
Du côte à côte nous sommes passés à la main
Nous avons terminé l’après-midi en étreinte
Et alors que je sentais mon cœur palpiter
Attendant la concrétisation de ce vrai baiser
Les nuages dans le ciel se sont déchirés
Une pluie chaude sur nous est tombée
Je me souviens que nous avons bien ri
Puis avons couru nous mettre à l’abri
Quand il a constaté que je tremblais
Il s’est serré contre moi pour me réchauffer
On rêve souvent que notre premier baiser
On est la plus belle, désirable, bien
habillée
Moi c’est cheveux mouillés et maquillage
dégoulinant
Que j’ai reçu celui-ci, grelottante, sous un
auvent
16 février 2007
Le petit coin de forêt
Sans se concerter
nous l’avions repéré
Ce petit parcours
forestier
Et alors que nous
rentrions d’une soirée
Une envie commune
de s’arrêter
Nous avions envie
de folies d’amants
Je me suis engagée
dans le petit chemin
Sur ma cuisse
glissait sa main
Comme des pleutres
s’enfuyant
Et c’est dans la
pénombre de la nuit
Que je me suis
garée sur un parking
Mais cela n’a pas
arrêté nos yeux
J’ai ouvert
lentement ma portière
En jetant mes
vêtements par terre
Le temps de
contourner la voiture
Et j’étais devant
lui presque nue
Je me suis alors
couchée sur la voiture
J’étais bouillante
malgré la froidure
J’ai bien vu la
bosse dans son pantalon
Ses yeux fous
d’amour polissons
Mais je voulais
pousser le frisson
Je me masturba
avec passion
Il se débarrassa
rapidement de ses braies
Plongea pour boire
ma substance lactée
Et quand il
s’estima rassasié
Il me pénétra avec
douceur et sensualité
Malgré l’inconfort
de la position
Il y avait une
certaine excitation
A l’idée que l’on
puisse nous surprendre
Voir même être
regardé à nos dépends
Nous étions à 1
kilomètre, après tout
Mais nous n’étions
pas vraiment fatigué
Que voulez-vous…
nous avons recommencé !
14 février 2007
Saint Valentin
Aujourd’hui Saint Valentin !
Dois je te lécher les mains ?
Ou te présenter mes reins ?
A moins que tu veuilles mes seins ?
Pourquoi imposer une journée
Pour se rappeler le verbe « aimer » ?
Car c’est tous les jours que Dieu fait
Que l’on se doit de s’honorer !
Se rappeler de se complimenter
Caresser nos peaux satinées
Avoir envie de nous embrasser
De nous sentir, de fusionner
D’être à tes yeux la plus belle
D’être pour moi une merveille
« Pour le meilleur ou pour le pire »
Simplement vivre par et pour le plaisir
Nous nous sommes connu en Février
Par internet et avons beaucoup parlé
Puis nous nous sommes rencontrés
Deux amants qui se cherchaient
Par un clin d’œil à Cupidon
St Valentin a changé de nom
C’est devenu « anniversaire de mariage »
Par ce poème je lui rend hommage
Cinq ans que nous avons la même alliance
Le même nom, nos enfants, la même transe
Et si nous sommes épanouis dans notre vie
C’est par le coeur mais aussi le sexe qui nous lie

12 février 2007
Parenthèse
Je me suis
souvenue il y a quelques temps
des propos d’un ami d’antan
Qui me disait que
si il était né femme
Il n’aurait aimé
que les dames
Lécher, aimer et
embrasser
Des femmes à la
peau satinée
Je comprends ses
douces pensées
Encore à ce jour
je les discerne
Comme une lumière
sur un fond terne
Et je sens qu’elle
perçoivent que j’ai goûté
Aux bouches
tendres du monde gay
Qui n’a pas eu
besoin du gland
Mais c’est
pourtant pour ce dernier
Que je me suis
totalement abandonnée
Pour être prise et
pénétrée
Il faut croire que
mon destin
A préféré la verge
aux seins
Je ne sais ce que
sera demain
Qui sera à mes
côtés et prendra ma main
Je vis mon présent
de façon sensuelle
Pour dire chaque
jour « la vie est belle »
Je ne regrette pas
ce qui c’est passé
Car si à ce jour
je suis ainsi
C’est aussi grâce
à cette parenthèse dans ma vie

09 février 2007
Pirate !
Sur l’océan de tes fantasmes, ma frégate Navigue selon mes désirs de scélérate
Je suis fière dans ton lit, d’être renégate A toi, mon homme, mon bandit, mon pirate !
Car j’aime quand nos corps sont adversaires Moi, sorcière des mers, toi le corsaire
Quand je te met le grappin dessus Tu en profites pour me mettre totalement nue
Mais je serais me débattre contre les cordes Même si tu me repousses par ta horde
J’utiliserais la totalité de mes filets Pour, au grand mat, me cramponner
Car si tu veux jouer au pillard Moi mon but, c’est ton dard !
Quitte à lâcher la grande voile Et t’abandonner le gouvernail
Je te provoque je te titille par tous mes vices Jusqu’à ce que l’ancre dans l’eau se glisse
Afin que tu en viennes à sortir le canon Et ainsi me faire couler par le fond
Je ne serais pas pour autant chimère Car je viendrais te hanter par les mers
Sans pour cela être mirage ou illusion Ou le simple fruit de ton imagination
Je te parlerais d’une île aux trésors Remplies de joyaux, bijoux et or
Dont moi seule connaît le chemin, Sois donc gentil avec tes mains !
Et ainsi chaque soir dans ta cabine Je ferais tout pour que tu me pines
Et que sous la voûte étoilée de la nuit Mes cris nous guident comme un phare qui luit
07 février 2007
Le marin
Il a fallut que lentement il bouge
Pour que je sois attirée par son point rouge
Fixé sur son bonnet à pompon
Il m’observait avec un certain aplomb
Il ne cachait pas son écusson
Ce sacré marin polisson
Par le gonflement dans son pantalon
Je sentais durcir mes mamelons
Sa prestance et sa frimousse
Me donnait envie de détrousse
Je partais totalement en glousse
Par ce maudit satané mousse
Et quand il s’approcha de moi
Je tremblais, j’étais en émoi
Il me sourit et me dit « tu viens ?
Je vais t’en donner jusqu’à demain ! »
Il m’entraîna dans sa garçonnière
Où je pris plaisir à être sa prisonnière
En ouvrant sa blanche boutonnière
Et de mes mains m’emparer de sa bannière
Mais il avait décidé que je serais sienne
En m’imposant d’être sa chienne
Il me prit par derrière en levrette
Laissant ses mains claquer sur mes gambettes
Il m’obligea à jouir toute la nuit
Sensation dans le bonheur d’être poursuivie
Par un baiser il me quitta au petit matin
Pour s’embarquer six mois sur un bateau argentin







