Un palais entre vous et moi

Je suis SENSuelle... et vous ?

30 mai 2007

Manque

Parfois quand je laisse aller mes pensées
Je t'espère derrière moi et imaginer
Que ton souffle fasse virevolter mes boucles
Que ton odeur vienne apaiser mes doutes

Immobilisée simplement par ta présence
J'en arrive à ouvrir tous mes sens
Entendre ton pas se rapprocher
Distinguer mon coeur s'accélérer

C'est alors que tu poses ton menton
Sur mon épaule, j'en fais le dos rond
Enivrée par ton eau de toilette du matin
Je cherche ton contact de ma main

Mais tu as déjà pris la décision
De m'enlacer et faire naître un frisson
Par un baiser dans le creux de mon cou
Petit moment simple de bonheur fou

Je ferme les yeux pour mieux savourer
Ta tendresse, ton amour, tes baisers
J'imagine alors mon fauteuil pivoter
Et dans tes bras me recroqueviller

Mais nous sommes que l'après-midi
Je suis au bureau, seule et je m'ennuie
Me reste plus qu'à attendre la soirée
Pour enfin, et encore, toujours te retrouver

manque_de_baiser

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28 mai 2007

Prendre son pied

Il commençait déjà par me caresser
Lentement la plante des pieds
Parfois même délicatement il passait
Sa langue entre chaque extrémité

Puis il massait adroitement mes chevilles
Remontant par les mollet, genoux puis cuisses
Puis ses doigts venaient subtilement frôler
Mes lèvres gonflées et mon intimité

C’est alors que me venait l’envie folle
De m’emparer par mes pieds de sa colonne
Et de faire glisser en va et vient contre elle
Je l’ensorcelais par cet acte démentiel

Est-ce la vision de la soie ou du nylon
Ou le fait de devenir un polisson
En giclant sa semence lactée
Sur mes membres noirs gainés

Il aimait éjaculer sur mes jambes
Me disant que ça l’excitait énormément
Après ça il ne débandait pas
Et me mettait dans tous mes états

Il me demandait de me masturber
Au travers du collant satiné
Lui offrant la vision de l’épanouissement
De mon clitoris et de mes hanches

Puis quand il constatait mon égarement
Il s’emparait alors de moi subtilement
Pour m’imposer sensuellement sa fureur
Et dans la jouissance sa douceur

prendrepied

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25 mai 2007

Le recommandé

C’était à la période où chaque matin
Je me rendais à la poste sans entrain
Relever le courrier de ma société
Prendre les colis, signer les recommandés

A force d’y aller je fis connaissance
Des coursiers, PDG ou courtiers en assurance
Et ces contacts m’incitèrent tout doucement
A venir plus tôt pour parler et prendre du bon temps

Nous nous retrouvions dans un café
Chaque jour, quelqu’un payait sa tournée
C’est à cette époque que je fus surnommée « la blonde »
Et où je réalisais qu’on aimait mon côté ronde

Je me laissais séduire, draguer et enjoliver
Mais je ne laissais rien concrétiser
Ne jamais mélanger plaisirs et affaires
C’était tacite, convenu, tout pour plaire !

C’est alors que je l’ai rencontré
Ce nouveau postier aux recommandés
Celui qui nous appela par notre boite postale
Je lui fis la remarque que ce n’était pas aimable

Malgré mon attitude pédante et en colère
Pour se faire pardonner ou pour me plaire
Prit mes paquets, mes recommandés et mon courrier
M’accompagna et me pria de l’excuser

C’est depuis ce jour que chaque matinée
Il m’appelait pour signer un recommandé
Parfois c’était juste un papier ou un dessin
Son but était que se touchent nos mains

Bien évidemment naissait alors un sourire
Nous n’étions à ce jeu de vrais complices
Et puis enfin, il me laissa un jour un billet
M’invitant à prendre avec lui un déjeuner

Les déjeuners sont devenus ensuite des dîners
Voir même, avouons-le, petits déjeuners
Mais ce que je retiens de doux de ce moment passé
C’est ce préliminaire du « recommandé »

recommand_

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23 mai 2007

Le collier

 Dans la précipitation d’être belle
Et d’une envie folle et sexuelle
Je me suis trompée en achetant
Un collant ouvert rouge chatoyant

Je privilégie les motifs ténébreux
Histoire de le mettre en feu
Mais pas la couleur des flammes
J’ai peur de perdre mon âme

Avant qu’il sorte de la salle de bain
J’ai ouvert mon armoire en vain
Pour trouver quelque chose à mettre
Une guêpière, un corset ou une nuisette

C’est cette dernière que j’ai passée
Mais sur le coup je devenais calmée
Alors que je n’aspirais qu’à me faire enfiler
C’est alors que j’ai vu traîner un collier

Je me suis dit qu’en me parant de lui
J’allais l’inviter à une coquinerie
Celui de le faire glisser sur mes seins
Et pourquoi pas l’introduire dans mes reins

Il fut troublé par ce chaud et froid
Sa queue s’est dressée d’un coup en émoi
Sans se faire prier il comprit le message
De ma volonté d’être à lui et non sage

Le glissement du collier de perles
Le crissement de la soie sur ma chair
Mes tétons dressées au travers de la dentelle
Fut un grand moment sensuel
perles

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21 mai 2007

Tournez manège

Je peux rester des heures devant un manège
Regardant mes enfants, assise sur un siège
Le fond sonore me transpose des années en arrière
Où j’étais jeune adolescente, pas farouche et fière

J’attendais de trouver dans la fête foraine un champion
En trois questions voir s’il était intéressant ou con
Je recherchais des types qui se disaient assurer
Et qui avec moi prenait le risque d’être cramé

J’avais la réputation d’être difficile et bonne
Sans pour cela être une blonde grosse conne
On me disait selon les dires ange ou démone
Personne ne savait vraiment comment était la donne

C’est alors que sur la place foraine il est arrivé
Entouré de trois potes, il m’a un peu trop dévisagée
Mes sens m’informèrent que j’étais prise en chasse
J’allais donc jouer à mettre entre lui et moi de l’espace

Et c’est ainsi que commença un long chassé croisé
De regards en coin, clin d’œil ou doigts effleurés
Aucun des deux ne voulait capituler et craquer
Jusqu’au stand de tir où je suis restée médusée

Il a surpris l’éclat doux dans mon regard
Il a perçu mon frémissement malgré le ciel noir
Quand j’ai vu suspendu ce gros nounours blanc
Me rappelant celui que j’avais perdu enfant

Et c’est ainsi avec grand panache
Qu’il tira sur les cibles sans relâche
Pour pouvoir m’offrir ce qui m’avait émue
Par cette délicatesse, notre fusion il avait conclu

Et c’est dans sa roulotte rouge et noire
Que nous avons cesser de nous jauger et de croire
Qu’à force de tirer, on gagne le gros lot !
Fou ce qu’une fête foraine a chez moi comme écho….

f_te_foraine

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18 mai 2007

L'animateur de radio

Il y a, dans la vie, des voix comme ça
Qui nous émeut, qu’on n’oublie pas
J’ignorais ce à quoi il ressemblait
Mais chaque nuit il me troublait

C’était au moment du coucher
Je glissais alors sous mon oreiller
Ma petite radio et écouteurs
Pour passer une merveilleuse heure

Il avait l’art de dire « bonsoir »
J’avais la sensation d’être à lui dans le noir
Puis il parlait sans s’arrêter
M’invitant à me décontracter

Il me demandait de fermer les yeux
Sans être malsain ou douteux
D’inspirer et de souffler profondément
Oublier, de la journée, tous mes tourments

Il me rappelait ma joie de vivre
Ce qui pouvait me faire frémir
Le soleil, un fruit, un sourire
Non, ce n’était pas un délire

Et quand il avait fini son laïus
J’avais encore envie que de mon temps il abuse
Car il avait l’art de m’emporter
Dans un monde où je me sentais aimé

Inconsciemment ou non il avait comprit
Que chaque être est un astre qui luit
Et par sa voix il ravivait cette étincelle
Qui me faisait penser que l’existence est belle

Il y a, dans la vie, des voix comme ça
Qui nous émeut, qu’on n’oublie pas
Ce n’était qu’un animateur de radio
Mais à ce jour, je me moque encore de savoir s’il était beau


animateur



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16 mai 2007

Le parka en cuir

Je me rappelle que c’était une fin de journée
Il faisait déjà nuit et j’étais exténuée
Car après avoir travaillé, je venais remplir
Un caddie de victuailles et de produits

Quand je suis sortie de la zone commerciale
Un vent violent mit mes cheveux en bataille
Et tandis que je me luttais pour diriger mon chariot
Je cherchais dans ma poche mon trousseau

J’eu un mal fou à ouvrir mon coffre
Le pluie se mit à tomber en force
Dans la précipitation de rentrer chez moi
Je n’ai pas vu qu’il s’approchait de moi

Alors que la porte arrière allait m’assommer
Sa main est venu, par magie, la stopper
J’ai profité alors de mettre mes achats
Sans me demander ce qu’il faisait là

C’est quand tout était, dans ma voiture, à l’abri
Que je l’ai enfin regardé et il m’a sourit
Il m’a dit qu’il me trouvait très jolie
Sur le coup, je n’osais plus lui dire merci

Je me souviens malgré le sale temps
De son odeur musquée m’étourdissant
Qui se mélangeait aux effluves de son cuir
Un étrange personnage qui ne donne pas envie de fuir

La pluie et le vent ruisselant sur son visage
Rajoutait un petit quelque chose de charme
Il prit ma main tout en ouvrant ma portière
Le seul endroit, sous la pluie, salutaire

Machinalement j’ai ouvert ma vitre
Je ne savais si je devais tenter l’invite
Il m’a regardé et d’un sourire
M’a dit « au revoir et au plaisir »

J’ai eu le réflexe de demander son prénom
Il m’a répondu « on m’appelle Polisson
Je serais là mardi prochain à vous attendre
D’ici là, faites de beaux rêves chère douce tendre »

Ais-je eu envie d’une passion ?
Ou de m’offrir un petit frisson ?
Vous devinez bien que le mardi suivant
J’ai fait la connaissance d’un nouvel amant !

parka

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14 mai 2007

Coca-cola

Je me suis retrouvée collante
En buvant trop rapidement
Une canette de coca cola
M’aspergeant de haut en bas

Je me suis rappelé avec malice
Ton sexe tendu qui glisse
Arrivant au terme fatal
De l’éjaculation faciale

La similitude était amusante
Puisque c’était là aussi gluant
Impossible de pouvoir lécher
Mais de l’odeur, d’être enivrée

Me restait donc plus que la douche
Pour nettoyer cette drôle de mousse
Mais quand le jet d’eau est arrivé
J’ai eu envie de me masturber

La tiédeur des lieux m’a aidée
Le souvenir de ton regard embrasé
La sensation de t’avoir à mes côtés
M’a fait passer une belle journée

Je devrais plus souvent secouer
Une bouteille avant de la vider
Afin de me rappeler ces moments
Où je suis avec mon tendre amant

coca

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11 mai 2007

Les Korigans

Plic plic plic, faisait la pluie
Glic glic glic, chantaient les clapotis
C’est ainsi que de la plage, des esprits
Me réveillèrent en sursaut, en pleine nuit

Je traversai le pont-levis
Pour les rejoindre sous les pilotis
Les korrigans dans leurs abris
Commencèrent un rituel exquis

Ils firent de moi un croquis
Me mettant dans un état soumis
Au milieu des chuchotis
Je commençais à avoir le roulis

Ils perdirent ainsi leurs aspects petits
Pour que je devienne leur promise
Puis par des incantations celtiques
Je fus attachée de façon magique

Ils témoignèrent du respect malgré l’espièglerie
En me proposant un étrange compromis
Ils s’arrangeaient pour augmenter leurs parties
A l’unique condition que j’offre mon châssis

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai dit « oui »
Et dans l’excitation et le cafouillis
Ils me mirent, dans la jouissance, au pilori
Limite à me donner le torticolis

Puis au matin, endormie dans les coulis
Ils repartirent vivre dans leurs puits
Mais je ne me tiens pas pour autant acquise
La prochaine fois, c’est moi qui aurais la mise !

korrigans

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09 mai 2007

La servante

M’en voudrez vous mon bon Seigneur
Si je toquais à votre porte de bonne heure ?
Afin de vous donner de la vigueur
Pour assurer votre journée de labeur ?

On vient de me mettre à votre service
Mais j’avoue être totalement novice
Je ne sais ce qu’il faut faire
Pour vous combler de toutes les manières

Guidez-moi je vous en conjure
Dois-je vous aider à mettre votre armure ?
Nettoyer régulièrement vos fourrures ?
Vous suivre dans toutes vos aventures ?

On m’a dit que Dame Frédégonde
Avait l’art de vous morfondre
Je suis engagée pour vous donner héritier
Mais je ne sais pas du tout comment on fait

Il paraît que je suis jeune et ingénue
Je suppose que cela veut dire non corrompue
Rassurez vous mon père a tout conclu
Avec votre greffier, aucuns malentendus

Non ! on ne lui a pas donné 30 deniers !
Mais 10 Lucas, j’ai bien compté !
Pourquoi soudainement êtes vous fâché ?
Vous me faites peur, vous m’inquiétez !

Oui je suis amoureuse, je le reconnais
Du petit Jean, le dernier fils du meunier
Nos épousailles sont prévus dans deux printemps
Et nous comptons avoir pleins d’enfants !

Je ne suis là que pour votre plaisir
Combler par le fait tous vos désirs
J’espère par la présente vous convenir
Car de votre avis dépend mon avenir.

servante

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