10 septembre 2007
On...
« On » ne m'appelle pas moi, « on » me devine. « On » me
sait, « on » me pense, « on » me sent mais je ne suis pas. En fait, non je suis
un reflet, un reflet de pensées, d'odeurs, un fantôme, un rêve, un phantasme,
une chimère.
J'ai pleins de noms, de surnoms, mon sourire est celui que les gens
attendent et parfois j'ai peur de ne plus savoir qui et où est mon sourire. «
Dites ? Vous n'avez pas vu passer un sourire ? je crois l'avoir égaré. ».
Et puis j'ai peur de « on » aussi même si celui-ci me voit comme quelqu'un
d'avenant, rieur, enthousiaste, enjoué, j'ai peur de « on » et j'ai peur de moi
surtout, surtout quand je suis avec «on ».
Timide ? Oui, beaucoup mais le peu de fois que je l'ai avoué, « on » a ri en
disant que j'étais une bonne blagueuse, une comique à deux balles. C'est con
hein ? Surtout pour gagner deux balles en plus, ça ne nourrit pas son homme
même si, selon sources sûres, je suis une femme.
Quelqu'un m'a dit il y'a pas si longtemps « tu es tellement à part que je t'ai
oublié ». Ça m'a fait sourire, j'ai trouvé ça très joli, très beau puis ça m'a
fait beaucoup pleurer et même si plus d'un mois s'est écoulé depuis, j'y pense
chaque jour et chaque jour ça me hante.
Je me sais différente mais qu'on me le dise ça me fait mal ! Mais est-cela qui
fait tordre de douleur ma bouche et saler mes joues ?
Aujourd'hui j'en ai marre ! Je souffre de cette phrase, ça hurle dans ma
tête ! Ma tête est tellement pleine que mes yeux dégorgent ! J'en peux
plus ! J'en viens à envier les cons, les normaux, les débiles de la planète. «
On» ne m'autorise pas l'euthanasie, mais la lobotomie ? «On » peut faire
quelque chose ?
Il m'a dit que j'étais tellement à part qu'il m'avait oublié…. Et j’ai trouvé
ça beau ! Pauvre conne ! Il m’a dit en fait « je t’ai oublié »….
Et c’est ça qui me fait peur et c’est ça qui me fait mal et c’est là ma plus
grande angoisse.
Je suis dans l’ombre, derrière un rideau, dans l’envers du décors mais je t’en prie, je t’en conjure, je t’en supplie…. Ne m’oublie pas.

