28 septembre 2007
Blanc
Un après-midi j’avais envie de changer
De m’habiller en style coquine lactée
Avec un chemisier blanc transparent
Des bas dentelle écrus auto-fixants
Après un gel douche cannelle pomme
Le besoin d’être dessert, d’être bonne
Le désir d’être croquée, dégustée
Comme un fruit d’été bien mûr, de juter
Est-ce cette nouvelle apparence
Rechaussant cette pâleur de ma peau
Qui la fait devenir attentionné
Pleins de délicatesse et volupté ?
Il n’avais pas vu mon regard brillant
Mes cheveux roussis et étincelants
Qui lui demandaient de m’embraser
Dans une flamme virile de sensualité
Un peu désabusée par ses gestes
Je l’ai laissé faire sa petite affaire
Et d’un mouvement sec et amer
J’ai retiré la soie, arraché le reste
Est-ce ma nudité ou ma fragilité
Qui ont illuminé soudain son désir
Car dès cet instant, soyez certains
J’ai retrouvé mon amant coquin
Conclusion indéniable me rassurant
Je ne mettrais plus jamais de blanc
La couleur virginale n’est pas pour moi
Je la laisse à celles qui en ont l’éclat
Je retourne à ma lingerie noire
Bleu nuit, bordeaux, en dentelle ou en soie
Nuisettes transparentes ou félines
Où je me sens femme, amante et coquine
26 septembre 2007
Quatuor
Il y avait un homme nu contre mon dos
Ses mains glissaient sur mes épaules
Son souffle chaud jouait dans mes cheveux
Moi, totalement moite, je fermais les yeux
Puis lentement, nous nous sommes accroupis
Et j’ai senti un autre complice
Qui attendait que je le chevauche
Sans arrêter les caresses de l’autre
Douce pénétration par son gland rougeoyant
Un autre se fit lui aussi pénétrant
Glisser sur mes fesses ouvrant mon anus
Chose surprenante, je n’avais pas de refus
Cette position m’a toujours fait peur
Mais je ressentais que plaisir, douceur
Je me laisser aller à ces vagues
Laissant aux deux hommes la gestion de
l’extase
Je n’avais toujours pas ouvert les yeux
Me permettant de savourer ce soyeux
Quand une odeur sucrée et féminine
Est venue envahir mes narines
Sa présence m’envoûtait et m’excitait
Puis je l’ai sentie se rapprocher
Sa langue se mit à savourer mes lèvres
Tandis qu’elle se plaçait face à mon être
Je vécus une troisième sensation
Une troisième sensuelle pénétration
Elle se mit à caresser ma poitrine
D’instinct, je fis de même sur ses cimes
Son souffle devenait très saccadé
Je compris que l’homme couché la léchait
Gonflant les pétales de son clitoris
Pour la mener à un orgasme idyllique
J’avais qu’une envie dans mon trouble noir
C’était de la goûter, de la boire
Elle a du sentir mon désir, mon espoir
Ecartant ses jambes, elle vint à s’asseoir
Les hommes me libérèrent de leur prison
Comme un nourrisson qui cherche le téton
Je me mis en quête de son doux bouton
Et je bus délicatement son poison
Elle décida que je serais nectar
Par ses caresses, elle se fit hussard
Transformant sa langue en terrible dard
Je m’abandonnais totalement hagard
Les deux hommes du début dans tout ça ?
Je crois qu’ils étaient encore là ma foi
Profitant du spectacle des deux femmes
Se masturbant en attendant l’éjac
Mon rêve se clôt sur ce sperme nacré
Qui coula sur mes reins affaissés
Que la dame s’empressa de lécher
Et d’étaler pour mieux recommencer
24 septembre 2007
Regret
Comme quoi
beaucoup de choses se bonifient
Pas à dire, sur ce
coup là le temps m’a puni
Quand je pense
qu’il n’a pas cessé de me solliciter
Et que chaque fois
je l’ai envoyer bouler
Je le trouvais
trop normalisé à la foule
Sortir avec lui,
ça m’aurais foutu les boules
Il ne portait que
des vêtements de marque
Pas à dire, une
vraie tête à claques
Et je ne vous
parle pas de son parfum
Cher,
sûrement ! mais aspergé avec soin
Pour un peu on
l’aurait suivi à la trace
Bref, je n’avais
que pour lui un sourire de glace
Et pourtant il a
été patient et tenace
Quitte à se
prendre des mots en pleine face
Il tentait de
connaître mes goûts et plaisirs
Il voulait tout
faire pour palier à mes désirs
Il prenait contact
avec mes amis du lycée
Il a même un jour,
chez moi, téléphoné
Même mes parents
le trouvaient charmants
Je n’en pouvais
plus, j’allais lui rentrer dedans !
Ma scolarité m’a
sauvé sympathiquement
Puisque j’ai
changé d’établissement
Mais lors du
bal de fin d’année
Il a réussi à me
voler une danse et un baiser
15 ans que je ne
l’avais pas revu
pour vous dire, je
ne l’ai pas reconnu
c’est lui qui m’a
sauté dans les bras
sur le coup j’me
suis dit « qui voilà ? »
Il s’était
épaissit et surtout musclé
Les dieux du
stade, de la gnognotte à côté
Un petit anneau à
son oreille le transformait
Je le trouvais
beau, séduisant et attirée
Il m’invita à
venir boire une collation
Pas de souci, je
comptais bien susciter la passion
Aussitôt je mis le
plan de séduction en marche
Regard, sourire,
allusions, et bravache
Il rit de bon cœur
de nos années passées
Des anecdotes et
même du baiser volé
C’est alors
qu’arriva sa petite amie
Qu’il me présenta
sous le prénom de « Henry »
21 septembre 2007
le Glaude
Ce week-end je suis allée chez une amie
Dans un pays où vivent rats et souris
Etant donné que sa charmante petite maison
Est entourée de bois et champs à foison
Devant chez elle se trouve une vieille bicoque
Où vit un vieux avec ses poules et son coq
Elle sait qu’on l’appelle le vieux « Glaude »
Et qu’il est l’objet des gorges chaudes
Le vent dans les arbres m’invita à me promener
Je suivi au delà des herbes une petite allée
Pour arriver sur les bords d’un charmant ruisseau
Une envie soudaine de mettre les pieds dans l’eau
J’ôtais mes sandales et releva mes braies
Douce sensation par le courant frais
Quand soudain quelque chose frôla mon mollet
Par cet incident, dans l’eau je suis tombée
Malchance pour moi ma jupe s’est détachée
Impossible par le flux de la rattraper
Aidée par une branche je me suis hissée
Pour me retrouver sur la berge à moitié dénudée
C’est alors que j’ai entendu rire dans mon dos
Confuse, désabusé, je fis volte face aussitôt
Et le rouge au visage m’est monté rapidement
Quand je l’ai vu nu, se caresser tranquillement
Je l’avoue, il était bien membré cet homme
Il me donna envie de le croquer comme une pomme
Et ce ne fut pas pour lui déplaire à priori
Puisqu’il transforma la mousse et le lichen en lit
Il su me prendre avec tact, langue et doigté
Tandis qu’il me prenait, il su aussi me caresser
Mon ventre, mes fesses et mes tétons durcis
Je n’ose vous dire combien de fois j’ai jouis
Quand il m’informa que Claude était son prénom
J’ai faillit lui demander la recette de la potion
Pour transformer le vieux chêne en bois vert
Car sur ce coup là, j’avais fait une bonne affaire
J’avais oublié que dans les vieux patelins
On donne au fils aîné le prénom de l’ancien
La question maintenant est délicate et de taille
Dois-je informer mon amie qu’elle vit près d’une
canaille ?

19 septembre 2007
Déménagement
Ca y’est, c’est
décidé, nous déménageons
Depuis plusieurs
jours je remplis des cartons
J’ai commencé par
mes livres, j’en ai à foison
De voir ma
bibliothèque vide, ça me fout le bourdon
J’ai eu un sourire
pour chaque histoire
Relatant du bien
être ou broyant du noir
Et je me suis surprise
à vouloir relire
Anne Rice,
Histoire d’O ou Anaïs Nin
Je me suis rendue
compte qu’avec les années
J’avais vieillie,
certes, mais je m’étais améliorée
Dans l’art de
faire l’amour, de séduire, d’enjôler
Et que ces livres,
quelque part, m’avait un peu aidé
Que ce soit la
douce Belle aux bois dormants
Se retrouvant sous
le courroux d’un prince charmant
Adepte de la
soumission et de la fessée
Et que peu à peu
la princesse va apprécier
Mais aussi ces
femmes qui assument et parlent
De leurs vies
sexuelles et de leurs fantasmes
Qui n’ont pas
honte d’avoir eu des amants
Au point de ne pas
les compter dans le temps
Et puis je suis
passée aux albums photos
Et je n’ai pas
résisté à les ouvrir aussitôt
J’ai regardé ces
visages que j’ai aimé
Que j’ai embrassé,
serré et aimé
Puis il a fallu
que je range mes cassettes
Années 80, hard
rock et new wave
Et forcément j’ai
voulu les écouter
Et bien pour un
peu j’en aurai chialé
Chaque musique me
rappelait un souvenir
Un amant, un slow,
un moment de plaisir
Suis-je si vieille
pour être si nostalgique
Ou ais-je trop
collectionné le magique ?
Livres, photos et
ces sonorité
Sans oublier
parfums et les à côté
Tout ce qui me
rattache à la sensualité
C’est encore de
mon présent ces choses du passé
Je range donc tout
cela précisément
Je les
retrouverais prochainement
Et pourrait m’en
inspirer par un poème
Pour vous conter
que ma vie est belle

17 septembre 2007
Tir au but
En cette période de Fotche-ball
J’avoue avoir eu du mal
A ressembler à un ballon
Pour susciter une passion
Dès que nous sommes au lit
Je triche sur les penalties
En jouant mes deux ronds
Pour lancer les prolongations
Car j’aime te voir en rut
Quand arrive les tirs au but
Ma poitrine devient filet
Ton sperme peut m’éclabousser
Et ne me dis pas que tu as gagné
Car cette coupe je l’ai sucée
Et compte bien recommencer
Dès demain à championner
C’est compétition tous les soirs
Puisque tu aimes tant me boire
Je m’en remet à toi l’arbitre
Pour mieux faire durcit ta bite
Nous verrons si tu tiendra le chrono
Si du début à la fin tu auras chaud
Car je compte bien faire durer
Le match jusqu’à ce que tu sois épuisé
14 septembre 2007
Champs de maïs
N’en déplaise aux
livres de Stephen King
Qui créé
l’épouvante dans les champs de mais
Moi je n’y vois
que excitation et fantasmes
Quand je traverse
ces champs de céréales
Je me vois très
bien allongée sur le sol
Tandis que les
grandes feuillent me frôlent
Je me sens, par le
soleil, alourdie et molle
Mais en même temps
envie folle de cabrioles
Cela m’excite
d’être près de la route
Où passent voitures,
bicyclettes en déroute
Je dois avouer que
je suis excité et à l’écoute
Que l’on me
surprenne tandis que je goutte
Pourtant à la
réflexion c’est pas évident
D’être couchée à
même sur un sol décadent
De subir les trous
et crevasses de la terre
Sans oublier les
insectes et conifères
Mais je m’imagine
que ces doux grains
Me massent le dos
avec entrain
Tandis qu’une
queue s’active dans ma bouche
Puis qu’elle me
prenne en levrette sur une souche
Je ne veux pas
croire qu’un mulot
Viendra perturber
quelque chose de si beau
Ou pire encore une
orvet ou araignée
Viendra à ce
moment là nous troubler
Je veux carrément
oublier le temps
Baiser, sucer, me
faire prendre allègrement
Rentrer couverte
de boue et de brindilles
Mais les joues
rouges et les yeux qui brillent
Je veux que mon
corps porte les marques
De mes ébats et
des petites claques
Qu’il m’aura
habilement donné tandis
Qu’il m’enculait
ou que je le suçais
J’ai envie d’être
une fille campagne
Une de celle qui
ne prend pas ombrage
A accepter un
rendez-vous le jour même
Dans un hangar,
une grange ou la terre même
Je n’ai pas encore
trouvé celui
Qui est tenté par
les champs de maïs
Mais je ne
désespère pas de découvrir
Celui qui me
tendra la main pour me le faire vivre
12 septembre 2007
Service compris
Que puis-je faire pour votre service ?
J'adore quand ces mots glissent
De la bouche d'un nouveau serveur novice
De mon amour du second degré du vice
Parfois j'ai envie de lui répondre
Amenez moi un bol de glaçons
Faites les glisser sur mes tétons
Puis lécher-les, sans autre explication
On peut aussi prendre l'option
Prenez-moi à califourchon
Et n'oubliez pas de me claquer
J'adore entendre le bruit de la fessée
Histoire aussi d'en rajouter
On peut simplement lui demander
Quelle est sa préférence en position
Petite rosace ou l'accès rond
Si il a un collègue mignon
Je peux lui proposer un doublon
Après tout la double pénétration
C'est à faire avec abnégation
Ou mieux encore si c'est une fille
Lui demander qu'elle ôte mon string
Et qu'elle lèche ma consommation
Renversée sur mon fruit de la passion
Un coup à transformer la brasserie
En partouze, service compris
Après tout ce genre d'endroit est réputé
Pour se détendre et se désaltérer
Mais bon, retour brutal à la réalité
Ce n'est pas ce genre de phrase qu'il a sollicité
Mais plutôt « un orangina et un café»
Et le politiquement correct « s'il vous plaît »
Me reste encore une alternative
Si je veux suggérer ma bouche et la pine
C'est demander tout simplement une paille
Un accessoire idéal pour devenir canaille !
10 septembre 2007
On...
« On » ne m'appelle pas moi, « on » me devine. « On » me
sait, « on » me pense, « on » me sent mais je ne suis pas. En fait, non je suis
un reflet, un reflet de pensées, d'odeurs, un fantôme, un rêve, un phantasme,
une chimère.
J'ai pleins de noms, de surnoms, mon sourire est celui que les gens
attendent et parfois j'ai peur de ne plus savoir qui et où est mon sourire. «
Dites ? Vous n'avez pas vu passer un sourire ? je crois l'avoir égaré. ».
Et puis j'ai peur de « on » aussi même si celui-ci me voit comme quelqu'un
d'avenant, rieur, enthousiaste, enjoué, j'ai peur de « on » et j'ai peur de moi
surtout, surtout quand je suis avec «on ».
Timide ? Oui, beaucoup mais le peu de fois que je l'ai avoué, « on » a ri en
disant que j'étais une bonne blagueuse, une comique à deux balles. C'est con
hein ? Surtout pour gagner deux balles en plus, ça ne nourrit pas son homme
même si, selon sources sûres, je suis une femme.
Quelqu'un m'a dit il y'a pas si longtemps « tu es tellement à part que je t'ai
oublié ». Ça m'a fait sourire, j'ai trouvé ça très joli, très beau puis ça m'a
fait beaucoup pleurer et même si plus d'un mois s'est écoulé depuis, j'y pense
chaque jour et chaque jour ça me hante.
Je me sais différente mais qu'on me le dise ça me fait mal ! Mais est-cela qui
fait tordre de douleur ma bouche et saler mes joues ?
Aujourd'hui j'en ai marre ! Je souffre de cette phrase, ça hurle dans ma
tête ! Ma tête est tellement pleine que mes yeux dégorgent ! J'en peux
plus ! J'en viens à envier les cons, les normaux, les débiles de la planète. «
On» ne m'autorise pas l'euthanasie, mais la lobotomie ? «On » peut faire
quelque chose ?
Il m'a dit que j'étais tellement à part qu'il m'avait oublié…. Et j’ai trouvé
ça beau ! Pauvre conne ! Il m’a dit en fait « je t’ai oublié »….
Et c’est ça qui me fait peur et c’est ça qui me fait mal et c’est là ma plus
grande angoisse.
Je suis dans l’ombre, derrière un rideau, dans l’envers du décors mais je t’en prie, je t’en conjure, je t’en supplie…. Ne m’oublie pas.
07 septembre 2007
Arrêt du sablier
Je peux rester des heures à regarder
Une personne écrire de façon appliquée
À l'aide d'une plume et d'un encrier
Sur une feuille jaune parcheminée
Rien que de voir les rondeurs dessinées
Rien que d'entendre la pointe crisser
Je peux vous dire que ça me fait frissonner
Et que j'en suis toute retournée
Moi qui ne suis pas patiente de nature
Je me suis surprise à guetter la mesure
Du stylet trempé dans l'encrier en verre
Jusqu'à ce qu'il forme des mots et des vers
Est-ce pour cela que j'aime la calligraphie
Les mots chinois, arabes ou sténographie
Que j'admire le métier d'enlumineur
Qui passait ses journées à ce noble labeur
Je suis sensible aussi à l'odeur du papier
Jauni, moisi, qu'on ne peut guère dater
Qui est porteur d'histoires du passé
Sous forme de grimoires ou reliques usées
J'imagine ces histoires fantastiques
De formules démoniaques ou potions magiques
De dragons maléfiques et princes charmants
Et qui m'aident à garder mon âme d'enfant
Il se fait en fait une étrange transposition
Du contact de la pointe et la création
Si tout cela me provoque des frissons
C'est que je m'invente des situations
Quand on assiste à une certaine lenteur
Mais aussi un ouvrage, un chef d'ouvre
On en vient à soupirer et espérer
Caresses, tendresses et volupté
Être en fait une feuille, un livre ou un pinceau
Qu'on s'applique à faire quelque chose de beau
Que le temps soit oublié pour le plaisir des yeux
Et que mon âme, mon être montent aux cieux
Et si ce poème ne vous a pas plu
Parce qu'il ne parle pas de baise ou de cul
Dans ce palais, nous commémorons toutes les sensation
En fait partie aussi le chuchotement d'un crayon




