09 novembre 2007
Cirque de vie
Très jeune j’ai eu
l’occasion d’aller au cirque
Admirer ma
première sœur jouer les trapézistes
Mais quand
arrivaient sur la piste étoilée les rois du rire
Aussitôt j’avais
la déprime, je perdais le sourire
Je ne comprenait
pas l’existence de ce drôle de métier
De ce côté
burlesque, de ce maquillage outrancier
Les tartes à la
crème ne me faisaient pas rigoler
Je ne ressentais
que violence, moquerie qui m’écœurais
Voilà peut être
pourquoi je me suis rapidement passionnée
Adolescente, pour
des clowns qui ont le droit de pleurer
Tel que le visage
de Pierrot et sa larme dessinée
Trahissant une
peine de cœur et des tristes secrets
Ceci explique que
je suis persuadée que derrière l’esbroufe
Se cache une
grande émotivité qui quelque part me touche
« le clown
est la personne la plus triste du chapiteau »
C’est une de mes
phrases favorites, un de mes grands credo
J’ai une grande
tendresse pour eux quand ils font leurs numéros
Je ris, me prends
à la magie, les acclame sous les bravos
Mais après leurs
shows, je les attends derrière le lourd rideaux
Pour être sûre que
tout va bien autour du brasero
Parfois le clown
en a marre des débilités, des paillettes
Même si ça flatte
son ego et que parfois il se la pète
Il a envie de
solitude, de temps pour se retrouver
Envisage même
d’arrêter son spectacle et de se recycler
Est-ce le plaisir
de donner et recevoir des émotions
Qui font qu’à un
moment il provoque la grosse sensation
En revenant plus
fort, plus grand mais aussi plus loufoque
Parce que si il ne
brille plus, il est tout simplement mort ?
En les voyant agir
ainsi je porte alors un doux sourire
Non je ne me moque
pas ! je sais un peu ce qu’ils vivent
Parce que quelque
part je connais la vie du cirque
Les lumières, les
cris, la musique, j’en fais moi-même partie

