23 novembre 2007
Grève
Peu de personnes
apprécient les grèves
Et pourtant j’en
connais une qui cela met en fièvre
A l’idée d’être
dans une rame comprimée
Ca lui donne des
envies de se faire peloter
Elle est excitée
rien que de connaître
La date d’un
préavis, pour elle c’est jour de fête
Elle se pare alors
de sa plus petite jupe
Pour que les
voyageurs ne soient pas dupes
Elle invite par
les strass d’un collier
Les yeux à plonger
dans son décolleté
Et trépigne avec
ses talons sur le quai
En tortillant du
cul, ça, ça lui plaît !
Par des regards en
coin elle repère
Les hommes qui
pourraient lui plaire
Puis quand arrive
le métro elle les rejoint
Et se colle à eux
avec délicatesse et soin
Forcément leurs
corps sont compactés
Impossible pour
eux de bouger
Et pourtant elle
arrive à déplacer
Sa main vers leur
intimité
Rarement la personne
s’en offusque
Elle pense que
c’est un geste brusque
Mais quand la
caresse se fait plus pressante
Là c’est pour le
coup qu’elle bande
A lui de voir si
il lui rend la balle
Ou s’il se met à crier au scandale
Mais cela n’est
jamais arrivé à cette amie
A chaque fois elle
a eu le droit de jouir
Le plus amusant
dans tout cela
C’est qu’un jour
elle fut stoppé en pleine gare
Par un homme qui
se rappelait de son visage
Et de son doigté
au déshabillage
Ils se donnent
rendez-vous régulièrement
Aux heures de
pointes ou éventuellement
Dans des endroits
où il y’a du monde
Les grèves, pas à
dire, ça dévergonde !
