27 février 2008
Pine javellisée
Si il y a bien un
endroit que j’ai souvent fréquenté
C’est la piscine
malgré ses vapeurs javellisées
C’était mon moment
de détente privilégié
Me masser, me
muscler sans sensation de transpirer
J’y allais deux à
trois fois par semaine
C’était devenu une
drogue, un rituel
Je commençais à
habiter les lieux
Prendre le même
casier, voir les mêmes yeux
Les vestiaires et
couloirs étaient communs
Puis hommes et
femmes avaient un chemin
Pour arriver dans
des douches séparées
Et ensuite dans le
grand bain se retrouver
Chaque fois que
j’arrivais dans ce lieu
De résonance et du
bassin couleur bleu
Je le cherchais du
regard et il me souriait
Je plongeais dans
l’eau et je l’observais
Je venais faire
mon kilomètre crawlé
Lui s’adonnait
plutôt à la plongée
Nous nous
croisions donc dans l’eau
Parfois même il
effleurait ma peau
Dès que je donnais
des signes de partir
Je le voyais
secouer sa chevelure et agir
Car son jeu était
de m’attendre à la sortie
Pour m’ouvrir la
porte et me souhaiter douce nuit
Pour être sûre de
ne pas le louper
Je restais
longtemps à me doucher
Puis j’allais à
mon habituel casier
Taper mon code et
récupérer la monnaie
Etant un peu
braque dans mes manières
Comme d’habitude,
je mis mon linge à terre
Puis j’ai retiré
mon maillot de bain
Et je me suis
frictionnée avec entrain
Au moment de me rhabiller,
décontenancée
Impossible de
retrouver mon string dentelé
J’ai donc du me
vêtir sans celui-ci
En me demandant
bien où je l’avais mis
Il m’attendais à
la sortie, sourire vainqueur
J’ai tout de suite
compris mon erreur
Et quand il m’a
proposé un troc « string-café »
Bonne joueuse,
j’ai accepté
J’ai récupéré dans
la soirée mon string
Après avoir
dégusté un café et sa pine
Et maintenant
chaque fois que je me déshabille
Je laisse bien
traîner mes vêtements à la piscine !
