11 avril 2008
Aveuglément
Je le croise en sortant du parking chaque matin
Il marche posément mais avec
entrain
Que ce soit dans la neige ou le vent
Sous la pluie ou la douceur
du temps
A force il est venu une habitude
Dans mon itinéraire sans
lassitude
Parfois je me suis vu sourire en coin
Et lui me faire un petit
signe de la main
Mais l'autre jour ce fut différent
J'étais dans mes
pensées et nonchalamment
Je me rendais au bureau sans gaîté
Les petits
soucis du quotidien me hantaient
L'a t'il fait exprès ou lui aussi
rêvassait ?
Toujours est-il que l'on s'est tamponné
Que par l'impact mon
sac à main est tombé
Et comme la pub « Axe » nous nous sommes
baissés
C'est alors que je l'ai reconnu mon sombrero
Ce jeune homme à
la peau mâte et très beau
Au sourire éclatant et sa barbe naissante
Mais
aux lunettes sombres de forme étrange
Il a posé sa main sur ma joue
chaude
J'avoue que j'étais toute chose
Puis m'a invité à me
redresser
Et contre moi s'est doucement collé
Il a humé mes cheveux
brillants
M'a dit que j'avais un pas reconnaissant
Puis a fait descendre
sa main dans mon cou
Sa voix chaude me rendait folle tout à coup
J'ai
fermé les yeux, il continuait de parler
De vanter ma peau douce et la
caressait
Puis nos deux bouches se sont approchées
Pour fusionner dans un
tendre baiser
Comme je n'aime pas les lunettes noires
Qui m'empêche
d'apprécier un regard
J'ai délicatement posé ma main sur elle
Mais dans un
sourire il bloqua mon geste
Il glissa sa main et sorti de sa poche de
côté
Une tige blanche qu'il se mit à déplier
Pour me faire comprendre
qu'il ne voyait pas
Mais il m'embrassa tendrement une nouvelle
fois
Depuis chaque matin je pars dix minutes plus tôt
Pour passer
quelques baisers avec ce sombrero
Nous n'en demandons pas plus pour la
journée
C'est notre plaisir pour bien la
commencer
