06 juin 2008
Milonguero
Il y a d’abord
cette odeur de parqué ciré
Les lumières sont
douces et tamisées
Sur le mur de grands
rideaux velours
Appelant à la
chaleur par leur couleur pourpre
On entend des
petits chuchotements
Les couples se
positionnent lentement
Yeux pétillants
ils attendent la note
Une excitation
dans la salle flotte
Ils sont là pour
concourir
Mais c’est avant
tout pour le plaisir
De se laisser
tanguer grâce à la musique
Créant ainsi une
harmonie magique
Il faut une touche
de volupté
Deux corps
harmonieusement enlacés
Mais surtout une
complicité
Entre l’homme qui
mène et sa moitié
La musique
s'installe alors
Enflammant cœurs
et corps
Soumises les
belles se font guider
Par le torse de
leur danseur attitré
Un couple dénote
sur la piste
Quand on les voit
on ne peut que sourire
Ils sont gracieux
sous le tempo
On respire, on se
pâme « qu’ils sont beaux »
Il porte un
smoking élégant
Elle, une robe
nacrée chatoyante
On ressent une
symbiose féerique
Ce couple là est
fantastique
Soudain un cri
s’élève chez les spectateurs
La robe a glissée,
c’est l’horreur
Mais la douce
danseuse s’en moque
Même si la
situation paraît loufoque
Avec grâce elle
envoie son vêtement
Son homme la
regarde avec ravissement
Et continue de
guider sa belle
Dans ce
milonguero, tango sensuel
La foule reste
béate d’admiration
Frissonne de
désirs et de passions
Car même si la
femme n’est pas culottée
Son audace par ces
soupirs est récompensée
Et la danse charnelle lentement s’achève
Les yeux picotent
comme la fin d’un rêve
Et c’est heureux
et le sourire aux lèvres
Que ce couple
gagna .. d’ avoir transmis sa fièvre
Avec l'accord de Ile & Aile

