15 août 2008
Chemise tribale
Quand il met sa chemise blanche
Aux logos tribaux de couleur noire qui danse
J’avoue que je suis subjuguée
Par l’aura qu’il se met à dégager
Cela fait ressortir sa carrure
Par le col, une vue sur une douce échancrure
Donnant vue sur son collier celtique
Qui apporte à son port quelque chose de magique
Sa prestance devient presque royale
Transportée dans une ambiance presque médiévale
Il me vient des envies et je m’emballe
Il ne discerne rien, il est très calme
J’en viens à vouloir lui donner mon âme
J’étouffe dans mon corset, je me pâme
Tandis qu’il ne voit rien l’infâme !
Mais je n’ai rien dit, à qui le blâme ?
C’est alors qu’il perçoit mon désarroi
Il s’approche et ne comprend pas pourquoi
Je suis entrain de perdre la foi
Lui dont ma fierté et qu’il est mon roi
Il me regarde, me sourit, me rassure
Par un baiser me fait plonger dans luxure
Que j’étais stupide de penser que je n’étais plus
Sa belle, sa muse, sa reine, sa salope, son ingénue
Qu’il est bon parfois de douter
Pour pouvoir ainsi être rassurée
Qu’il est doux chaque jour de rechercher
Caresses, tendresse et amour de l’être aimé
13 août 2008
Dans ma valise
Qu'un matin il m'a surprise
En me disant « si on déménageait ? »
Mes yeux se sont alors mis à couler
Je l'aimais tant notre vieille maison
Achetée par coup de coeur et passion
Cette cheminée et ses grosses poutres
Ces épaisseurs de murs et tomettes rouges
Mais nous étions dans l'incapacité
D'agrandir les murs pour nos blondinets
Nous avions déjà vu pour des devis
Qui nous avaient fait perdre le sourire
Et puis j'étais malheureuse dans mon boulot
Par le stress j'avais des kilos en trop
Et ce déplacement de résidence
Etait peut être pour moi une chance
Rajoutons que la zone envisagée
Etait un souhait depuis plusieurs années
La famille et la capitale s'éloignaient
Mais notre ancien rêve se concrétisait
Sans oublier cette immense grange
Terrain de jeux
pour les enfants
Ce saule pleureur gémissant au vent
Et l’arbre fruitier à la production alléchante
Quand il est rentré le soir à la maison
Il n'a pas posé la terrible question
Il a vu mes yeux durs et déterminés
J'avais une condition, il le savait
Je lui ai dis que j'acceptais de déménager
Mais j'avais une exigence à poser
C'est qu'on emmène mon noisetier
Qu'il y a trois ans j'avais planté
Parce que enfant je m'étais fais un serment
Que le jour où j'aurai maison et enfants
Je planterai un noisetier dans mon jardin
Avec mon coeur, mes larmes et mes mains
Un noisetier me
rappelle l’Oise
Où j’ai passé des
périodes estivales
Où je me cachais
dedans pour pleurer
Ou j’utilisais en
jeux pour me cacher
Et l’automne dernier nous avons déménagé
J'ai pris la pelle, la pioche et j'ai déraciné
Mon arbre, mon noisetier et je l'ai replanté
Pour qu'il reste toujours à mes côtés
11 août 2008
Sève particulière
Je m’étais
installée sur les rochers
Pieds dans l’eau
où les vagues clapotaient
Quand quelque
chose me fit sursauter
Par réflexe, je me
suis mise à hurler
J’ai pensé à une
algue
Venue s’échouer
sur les plages
Mais il s’agissait
d’un coquillage
Avec une
inscription sur son cartilage
J’ai tenté de
décrypter les runes
Cela représentait
la pleine lune
Avec le dessin
d’un arbre bien spécifique
Que je croisais
chaque jour près de la crypte
Trois flammes
étaient dessinées
Sur un dessin qui
avait tendance à me rappeler
Le symbole breton
souvent porté
Sur des tee-shirts
ou bijoux dorés
Par curiosité je
décidai de me lancer
Et à minuit je me
suis mise à préparer
Trois feux sur une
représentation que j’ai tracé
Sur le sable près
de l’arbre déraciné
Histoire de me
rassurer un petit peu
Je me suis mise à
fredonner un chant chaleureux
C’est alors que
l’arbre s’est fendu en deux
Me laissant
hagard, je n’en croyais pas mes yeux
Un homme en était
sorti et se tenait devant moi
Bien bâti, bien
membré, très beau ma foi
Sa longue
chevelure virevoltait au vent
Son sourire et son
regard étaient assez troublants
Il s’approcha de
moi et déposa sur mon front
Un baiser si
tendre qui en disait long
Tandis que ses
mains retiraient mes vêtements
J’étais sous
l’emprise de son odeur et de ses sens
Il massa chaque
partie de mon corps
Pour finir sur ma
toison d’or
Où il engouffra sa
langue et mon bouton
Explosa de
jouissance, je perdais la raison
Nos corps
fusionnèrent plusieurs fois
Tandis que se
consumaient mes feux de bois
Et au matin quand
je me suis réveillée
Je dormais sur un
tronc, avais-je rêvé ?

08 août 2008
Archéologue
Et tu as deux mains
Ma poitrine est une cible
Un moyen qui t’attire
J’aime ton regard troublé
Sur mes larges décolletés
A la limite de mouiller
Attendant ton baiser
Quelle douce sensation
Quand tu lèches mon téton
Tes mains en petite pression
Me mettant à l’abandon
Ca devient préliminaire
Pour croquer ma chair
Le début d’une ivresse
Pour parvenir au sexe
C’est l’accès d’un chemin
Que ta bouche connaît bien
Le passage de sommets
Menant à un doux fossé
Dans ce sillon jaillit
Une rivière de plaisir
Où tu aimes t’abreuver
Et ensuite la pénétrer
Archéologue des sens
J’aime quand tu m’explores
Avec cette soif d’échanger
S’améliorer et partager
Indiana Jones n’est rien à côté de toi
Il connaît la théorie, toi mes lois
Et même si j’adore sa tenue, son humour
C’est toi qui connaît mes contours
Tu as su trouver ton Graal
Je suis ta promise, ta vestale
Et j’espère que tu me garderas précieusement
Toi l’archéologue de ma vie et de mes sens
06 août 2008
La parure magique
C’était un mardi,
jour de marché
Au milieu des
stands je déambulais
A la recherche de
crevettes fraîchement pêchées
Que je comptais
m’offrir pour mon déjeuner
L’odeur du poulet
rôti et des crêpes
Faisait
gargouiller tout mon être
Me rappelant qu’il
me fallait me dépêcher
C’est alors qu’il
m’a attiré
Il jouait avec ses
éclats et le vent
Il ondulait sur
lui par petits mouvements
Je me suis
rapidement approchée
Mes yeux, plein de
convoitise, se sont illuminés
J’osais à peine le
toucher, l’effleurer
Puis lentement ma
main s’est approchée
La vendeuse m’a
dit « il n’est pas à vendre !
Il porte le
mauvais œil selon les légendes »
Je lui ai donc
rétorqué « pourquoi l’accrocher !
Le mettre en
évidence sous mon nez ! »
La femme a éclaté
de rire et a répliqué
« C’est un
appât pour les touristes qui viennent acheter »
Un peu dégoûtée
j’ai tourné les talons
Mais ce bijoux
m’avait donné tant de frissons
Alors après avoir
fait mes emplettes
Je suis retournée
au stand de la chouette
Elle n’était pas
là mais son échoppe si !
Il se trouvait
encore là et soudain une folie
Je me suis emparée
de lui et j’ai couru
Sans me retourner,
j’ai traversée les rues
L’après-midi même
il était sur ma poitrine
Je me sentais
belle, radieuse, féminine
Et dès ce jour là
je multipliai les conquêtes
La drague,
l’alcool, le sexe et les fêtes
Je ne pouvais me
défaire de lui
Il m’avait apporté
tant de plaisirs
Mais je sentais
mon corps qui se fatiguait
Une angoisse,
allait-il me tuer ?
Les cieux ont
entendu ma plainte, ma prière
Puisqu’un après
midi, endormie sur la grève
Il n’était plus à
mon coup quand je me suis réveillée
On me l’avait
pris, on me l’avait volé !
J’ai recroisé la
vendeuse de pacotilles
Qui me sauta au
cou et me dit « merci »
De l’avoir libéré
de ce bijou maudit
Qui se nourrissait
que de désirs assouvis
04 août 2008
le 5ème élément
Tous les éléments
sont réunis
Un feu de camps
sur le sable, la nuit
Un vent doux dans
mes cheveux blonds
Les vagues formant
de drôles de ronds
Je ferme les yeux
pour mieux savourer
Le souffle salin,
la flamme crépiter
L’odeur du bois
brûlé, les algues séchées
Je me sens bien,
calme et reposée
Peu à peu je fonds
dans le décors
La chaleur du feu
envahit mon corps
Tandis que la
terre engourdit mes fesses
Je continue
l’aveuglement accélérant l’ivresse
J’ai l’impression
que rien ne peut m’arriver
Je fais partie de
ce monde qui va me protéger
Sans m’en rendre
compte je me recroqueville
Position fœtale,
je cherche une nouvelle vie
J’ouvre les yeux
et c’est tout simplement magnifique
Le ciel étoilé, la
lune pleine, vision magique
La lueur du feu
fait briller la verdure et le sable
Spectacle éphémère
pour un souvenir inoubliable
Un oiseau diurne
se met à chanter
Une salamandre
près de moi s’est installée
J’entends quelque
chose ou quelqu’un approcher
Sereine, je ravive
la braise pour cet invité
C’est un homme
portant une tête de loup
Il ne
m’impressionne, mais alors, pas du tout
Son odeur me
rassure et je lui fais signe
Qu’en ce
territoire, le mien, il peut venir
Il s’avance sans
bruit et s’asseoit
Machinalement je
remets du bois
Je sens mon cœur
s’accélérer
Quelque chose en
moi s’est libéré
Son regard me
pénètre brutalement
Je sens en moi
bouillir mon sang
Il s’approche de
mon visage lentement
Et se met à
m’embrasser tendrement
Nos vêtements sont
vites oubliés
Pudeur, morale
mises de côtés
L’offrande que je
lui fais
A un goût de
liberté
Et c’est heureuse
et hors du temps
Que je me suis
donnée à cet homme loup amant
Il faut croire que
Mère Nature avait pressentit
Que j’avais besoin
d’un 5ème élément dans ma vie
01 août 2008
Espace privé
Si l’été est
propice aux yeux et regards
Portés sur
fessiers ou décolletés non sages
J’ai pour ma part
la faiblesse de regarder
Les shorts,
bermudas qui me font rêver
En effet, assis
sur une plage nos messieurs
Oublient que le
bâillement laisse à mes yeux
L’opportunité de
voir leurs parties et leurs queues
Ca me donne des
envies d’y mettre le feu
Trouver le
prétexte de poser une main sur le mollet
Puis caresser
lentement et innocemment remonter
Ma main
s’engouffrant sinueusement dans ce vêtement
Continuer à
effleurer sa peau en souriant
Percevoir son sexe
se durcir à ma présence
Le voir écarter les
jambes en soupirant
Par la présence
des baigneurs serrer les dents
Une manière
délicate de faire du rentre dedans
Continuer mais
plus fermement ce tactile
Glisser son autre
main dans l’élastique
Ou mieux encore
dans une poche du côté
Et là, jouer avec
ses couilles et les faire gonfler
Sentir son regard
totalement s’abandonner
Passer ma langue
sur mes lèvres salées
L’entendre dire
« arrête sinon je vais exploser »
Il n’a pas compris
que c’est ce que je voulais ?
Faire alors un
choix extrêmement difficile
Soit je continue
et dans son vêtement il jouit
Mais par la suite
c’est un coup à m’en vouloir
Et vu la
situation, pour stopper, c’est un peu tard
Alors il me reste
une superbe opportunité
Celle de lui faire
plaisir et qu’il veuille me remercier
C’est de le
libérer et fourrer ma bouche
Pour le sucer, le
boire jusqu’à la dernière goutte !

30 juillet 2008
Allumer le feu
Quand il est venu me demander du feu
Une lueur d’amusement est née dans mes yeux
Je lui ai tendu avec sourire mon briquet
Tandis qu’il continuait de me mater
Je l’avais dès mon arrivée repéré
Faut dire qu’il avait le torse bombé
Et tandis qu’il frimait au volley
Moi, je m’installais pour tranquillement bronzer
Le soleil était éclatant et je décidai
De fermer les yeux et en profiter
Mais ça ne voulais pas dire couper mon ouie
Qui s’avère dans ces moments là, fine
J’avais entendu qu’il parlait de moi
De façon agréable, mais je ne bougeais pas
J’attendais tranquillement qu’il fasse le premier pas
Et de voir quel alibi il me dégoterait là
J’avais parfaitement entendu son pari
Que le soir même je serais dans son lit
J’avoue que le coup de la cigarette
J’ai pas vraiment trouvé cela chouette
Il aurait pu trouver quelque chose original
S’il tentait de gagner la finale
D’autant que dans l’élastique de son maillot
Se trouvaient un paquet de Camel et un vieux zippo
J’accepte sans problème d’être une proie
Mais il me faut avoir un chasseur de choix
Et ce macho des plages venait de rater
L’accroche, obligatoire pour me captiver
Alors je l’ai regardé sortir sa clope
Enclencher mon briquet et.. oh catastrophe !
La flamme était réglée au max
Je peux vous dire qu’il a eu très mal
Son nez en avait pris un coup
Sourcils, cheveux raccourcis du bout
Sans oublier l’odeur de cochon grillé
Difficile pour moi de ne pas m’esclaffer
Je suis allée chercher un sauveteur
Qui aussitôt a calmé la douleur
Et dès la Biafine mise vers moi s’est retourné
Devinez avec qui j’ai passé la soirée ?

28 juillet 2008
l'Ankou
C’est cet été lors d’une vadrouille
A la pêche aux crabes où je revenais bredouille
Qu’un vieil homme m’a accostée
En me mettant en garde du danger
Je n’avais pas entendu parler ou dire
De violeur, d’agression ou même pire
Mais le pêcheur me dit « c’est l’Ankou !
Méfiez vous quand vient la fin du jour !
Avec votre blondeur vous allez l’attirer !
Avec votre poitrine vous allez l’exciter !
Ne comprenez pas que vous êtes si vivante
Que cela le rend fou et le met en transe !
Evitez la nuit et les chemins creux
Fuyez les menhirs verts et les rocheux
Fermez les yeux si vous entendez un pas
Car pour restez en vie, regardez il ne faut pas !
Et si vous entendez le sifflement de sa faux
Bouchez vos oreilles pour éviter le tombeau
Car dès qu’il prononcera « toi je te
veux ! »
Alors votre existence aura fini son jeu »
Je me suis dis qu’il s’agissait d’une légende
Que l’ancien avait trop habité la lande
Au point de perdre à la fois ses dents
Mais aussi réalité, lucidité et sens
Je me suis quand même hâtée de rentrer
Mine de rien ce vieux m’avait fait flipper
C’est alors que derrière moi j’ai entendu murmurer
« Toi je te veux ! », j’ai hurlé et me suis
retournée
Je me suis retrouvée devant un bel homme
Surpris, confus levant les bras en gentilhomme
S’excusant de m’avoir effrayé et honteux en somme
Je lui ai souri, et j’ai croqué la pomme !
25 juillet 2008
Les amazones bretonnes
On entend des tas d’histoires
Venues des mers et des plages
Aujourd’hui je vais vous parler
De celle qu’on appelle l’île du pilier
De nos jour elle est habitée
Par la nature, oiseaux et vents salés
Mais à une époque elle était peuplée
Par des femmes vivant en communautés
Quand venait la pleine lune
Et que la marée devenait dune
Les fécondes traversaient les lagunes
Et se dirigeaient vers les communes
Là elles se mettaient en quête
D’une queue pour prendre leurs fesses
Elles jouaient la séduction et le vice
Malgré le fait qu’elles étaient novices
Par volonté et persuasion
Elles arrivaient à susciter la passion
Puis emprisonnaient les pauvres amoureux
Et chaque jour s’empalaient sur leurs pieux
Quand elles se savaient porteuses
De la vie après avoir été une gueuse
Elles tuaient alors leurs producteurs
Puis rejoignaient leur refuge protecteur
S’ensuivait alors la gestation
Puis la poussée, les contractions
Et si le nouveau né était une fille
Il avait alors le droit de vivre
Y a des histoires comme ça qui me bouleverse
Sur les femmes libres, maternelles et perverses
Ces amazones bretonnes ont-elles existé ?
Ou cette histoire fut simplement imaginée ?



